Synopsis
Un matin de 1833, Popritchine, petit fonctionnaire du Tsar, noble déchu vivant dans une quasi-indigence, habitant dans un sous-sol misérable, ne va pas à son bureau où sa tâche la plus noble est de tailler les plumes d'oie de son directeur. Il va se promener et surprend la « conversation » de deux petites chiennes dont l'une est la chienne de la fille de son directeur, Sophie, dont il est secrètement amoureux. A partir de là, il bascule dans la schizophrénie. II ne supporte plus la médiocrité de son existence, la vulgarité de ses semblables ; son journal devient intemporel, chaque événement de sa vie est transposé : il s'imagine Général, Sophie, superbe en ses rêves alors qu'en réalité elle est un laideron agrémenté d'une moustache et d'un strabisme aigu, est folle de lui ; il supplante son rival et l'épouse ; il dérobe la correspondance des deux chiennes afin d'y surprendre les secrets de son directeur et de Sophie, mais le contenu des « lettres » est cruel envers lui-même. Humilié il vagabonde, accompagné de chiens errants, objet de moqueries de la part des passants et de la risée générale. Sa folie s'aggrave. Frappé par la mort de Ferdinand VII d'Espagne, il refuse que son successeur soit une femme et se proclame Ferdinand VIII. Sa folie devient un cauchemar ; ayant fait un scandale à son ministère et ayant importuné le Tsar, il est interné. Dans l'asile qui est pire qu'un bagne, il continue, en dépit des coups et des tortures - qu'il met sur le compte de l'Inquisition - à se prendre pour le Roi d'Espagne jusqu'à la descente aux enfers, dans une fosse qui est aussi une tombe et dans laquelle il retrouve la position foetale et le souvenir de sa mère.
© Les fiches du cinéma 2001