Au-delà de la haine (2005) Olivier Meyrou

Pays de productionFrance
Sortie en France14 mars 2007
Procédé image35 mm - Couleur
Durée85 mn
DistributeurEurozoom (source : ADRC)
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Générique technique

RéalisateurOlivier Meyrou
Société de production Hold Up Films (Paris)
Société de production Miss Luna Films (Paris)
Société de production France 5
Société de production France 2
ProducteurChristophe Girard
ProducteurBénédicte Couvreur
ProducteurKatherina Marx
Distributeur d'origine Eurozoom
Directeur de la photographieJean-Marc Bouzou
Ingénieur du sonSébastien Savine
Ingénieur du sonYolande Decarsin
Ingénieur du sonGildas Mercier
Compositeur de la musique originaleFrançois-Eudes Chanfrault
MonteurCathie Dambel

générique artistique

Bibliographie

Synopsis

Premier long métrage documentaire d’un ancien diplômé de la Fémis, Au-delà de la haine présente un sujet propre à toucher n’importe quel individu doté d’un coeur : le meurtre, à Reims, de François Chenu, jeune homme tué au hasard par une bande de skinheads, pour la simple raison qu’il était homosexuel. Loin de tenter une approche générale, qui risquait d’être confuse, voire trompeuse, Meyrou choisit avec honnêteté un point de vue à la subjectivité assumée, et s’y tient durant tout le film. Ce point de vue, c’est celui des parents de François, après le deuil et pendant le procès des assassins de leur fils. Avec une certaine pudeur, l’oeuvre garde une distance salvatrice et intercale entre les interviews quelques silencieux moments d’intimité, durant lesquels se poursuit l’interview en voix off. La famille revient ainsi sur les circonstances de la mort de François, et explique, avec concision, les conséquences de ce deuil et ses effets dans le temps. Mais là où le film surprend, c’est lorsqu’il dépasse la simple ode aux victimes pour s’intéresser à la personnalité des coupables, et observer le comportement des parents face à ceux qui leur ont tout pris. Ceux-ci, bien que n’étant jamais filmés, semblent être omniprésents. En effet, Meyrou essaie de comprendre qui ils sont, s’intéresse aux caractéristiques de leur clan (notamment son rapprochement avec le MNR de Bruno Mégret, refuge pour tous les jeunes déçus par un FN plus ou moins embourgeoisé) et à certains traits d’éducation les ayant conduits à devenir skins et à rechercher un accomplissement dans la violence. Tout d’abord centré sur le deuil, Au-delà de la haine devient alors un film sur la violence et sur la justice, au sens le plus large du mot. Car, plutôt que de se comporter en parents meurtris en quête de vengeance, la famille de François choisit un chemin plus complexe, mais aussi plus profond et puissant : tenter de comprendre pleinement, à travers un procès qui devient alors une chance, les circonstances du drame, et celles qui ont amené de jeunes gens désemparés à devenir des meurtriers. Cette volonté de faire tomber les masques et de tenter d’appréhender les vraies raisons qui mènent à l’intolérance et à la violence expliquent le titre du film, et en font une oeuvre impressionnante, sur des parents ivres de douleur, mais aussi accrochés à une véritable éthique. Ils appellent donc la punition, et voient la justice l’administrer, mais font aussi le geste d’écrire aux assassins pour tenter de les encourager, même faiblement, à un éventuel éveil positif. Une manière, sans doute, de donner du sens à une tragédie, et de se forcer, malgré tout, à faire surgir un peu de bien d’une violence destructrice. Une poignante leçon de vie, donc.
© LES FICHES DU CINEMA 2007
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