Solutions locales pour un désordre global (2009) Coline Serreau

Pays de productionFrance
Sortie en France07 avril 2010
Procédé image35 mm - Couleur
Durée113 mn
DistributeurMemento Films (source : ADRC)
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Générique technique

RéalisateurColine Serreau
Assistant réalisateurLaure de Scitivaux
ScénaristeColine Serreau
Société de production Memento Films (Paris)
Société de production Les Éditions Montparnasse (Paris)
Société de production Cinemao (Paris)
Coproduction Eniloc Films
Coproduction Studio 37 (Paris)
Coproduction Montparnasse Productions
Coproduction Kino Factory
Producteur déléguéMathieu Warter
Producteur déléguéGuillaume Parent
Distributeur d'origine Memento Films Distribution
Directeur de la photographieColine Serreau
MixeurMatthieu Deniau
MixeurPhilippe Grivel
Compositeur de la musique originale Garden Trio
Compositeur de la musique originaleMadeleine Besson
Interprète des chansons originalesMadeleine Besson
MonteurCatherine Renault
MonteurClaude Trinquesse

générique artistique

Bibliographie

Synopsis

Coline Serreau inscrit dans la lignée de La Belle verte, sa laborieuse comédie baba-bobo-écolo de 1996, ce documentaire consacré au péril agroalimentaire qui menace sérieusement la planète. Qu’elle nous le propose dans la foulée des sermons catastrophistes roublards de Y. Arthus-Bertrand ou autres N. Hulot, laissait craindre le pire. Mais le pire n’est pas toujours sûr... Son propos séduit d’abord par sa modestie, tout entière contenue dans son titre. Elle ne se propose pas, elle, de nous imposer des solutions globales pour "sauver la planète", mais de nous montrer des initiatives en France, en Ukraine, au Brésil au sein du Mouvement des Sans Terres, en Inde... pour que les hommes qui la peuplent vivent moins mal. Certes, ces presque deux heures sont encore encombrées d’inutiles passages dogmatiques ou sentencieux, telles les caricaturales tirades ultraféministes de l’Indienne Vandana Shiva ou les fausses vérités premières de l’économiste Serge Latouche. Mais, heureusement, l’essentiel du film n’est pas là. Constat de départ ? L’agriculture des pays riches devient de plus en plus absurde et celle des pays pauvres de plus en plus dépendante de multinationales prédatrices qui ont déjà détruit l’essentiel de notre paysannerie et transformé, avec la complicité des institutions politiques, la plupart de nos agriculteurs en chasseurs de primes, esclaves du rendement et du profit. C’est dans ce contexte que se situe le "débat" sur les O.G.M., dont le film montre très concrètement les enjeux. Un constat qui ne nous est pas asséné, mais au contraire distillé par petites séquences où C. Serreau manifeste tout son talent de réalisatrice, son habileté de scénariste et ses qualités de directrice d’acteurs. Car c’est bien en tant que telle qu’elle filme ses intervenants, Devinder Sharma, passionnant économiste et agronome indien, ou Claude Bourguignon, spécialiste de la microbiologie des sols : une discipline sacrifiée dont il nous démontre, avec son épouse Lydia, la nécessité. À lui, cabotinant avec brio, les séquences les plus succulentes : sa visite d’un sinistre champ de blé malades de surdoses d’engrais, où il conclut qu’il ne s’agit plus là d’agriculture mais de "gestion de pathologies végétales", est un grand moment. Face à cela, les invités de C. Serreau n’apportent pas "la" mais des réponses, qui tentent d’illustrer la formule de Dominique Guillet, fondateur de l’efficace association Kokopelli pour la sauvegarde de la biodiversité des semences : "la meilleure façon de lutter contre les multinationales, c’est de s’en passer." Parmi les multiples réalisations, celle réussie par A. Semen Sviridonovitch dans son kolkhoze ukrainien, est l’une des plus passionnantes. Polyculture sans labours associée à un élevage sain, diversité des espèces, enrichissement naturel des sols par réinvention de méthodes d’assolement... Et tout cela est rentable, productif ! La meilleure réponse à ceux qui nous serinent que l’agriculture paysanne serait dépassée et incapable de bien nourrir la planète.
© LES FICHES DU CINEMA 2010
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