Fix me (2008) Raed Andoni

Pays de productionFrance ; Palestine ; Suisse
Sortie en France17 novembre 2010
Procédé image35 mm - Couleur
Durée98 mn
DistributeurSophie Dulac (source : ADRC)
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Générique technique

RéalisateurRaed Andoni
Assistant réalisateurIsmaïl El Habbash
Assistant réalisateurAla Abu-Ghoush
ScénaristeRaed Andoni
Collaborateur scénaristiqueOlivier Lorelle
Auteur de l'oeuvre originaleYousef Hbeisch
Société de production Dar Films Productions (Ramallah)
Société de production Arte France Cinéma
Société de production Akka Films (Bernex)
Société de production Rouge International (Paris)
Société de production Les Films de Zayna (Paris)
ProducteurNicolas Wadimoff
ProducteurNadia Turincev
Producteur déléguéPalmyre Badinier
Producteur exécutifSaed Andoni
Distributeur d'origine Sophie Dulac Distribution (Paris)
Directeur de la photographieFilip Zumbrunn
Directeur de la photographieAldo Mugnier
CadreurMathieu Cauville
CadreurHanna Abu Sada
Ingénieur du sonMasaki Hatsui
Ingénieur du sonIssa Qumseyah
Ingénieur du sonAlla Khoury
Ingénieur du sonIssam Rishmawi
Ingénieur du sonMajd Andoni
Ingénieur du sonJulien Bourdeau
Ingénieur du sonVincent Montrobert
MixeurOlivier Goinard
Auteur des chansons originalesErik Rug
MonteurTina Baz
MonteurSaed Andoni
Conseiller techniqueKhalil Issa

générique artistique

Raed Andoni
Nasri Qumsia
Fathi Flefel
Yousra Andoni
Majd Andoni
Issam Andoni
Jihan Isaac-Andoni
Ramez Andoni
Ghassan Andoni
Mohsen Subhi
Graham Davis
Bruce Inglis
Joshua Talbot
Mofed Awwad
Omar Dabbor
Ahmad Sajadiya
Nasser El Horani
Ragheda Andoni-Isaac
Shawki Abu Farha
Bassem Al Ajouz

Bibliographie

Synopsis

Raed, un cinéaste palestinien, est reçu en consultation par son médecin de famille. L’examen terminé, le patient interroge le praticien sur l’origine de la migraine dont il souffre depuis un an. Non pas des maux de tête qui fluent et refluent mais une migraine unique, continue, omniprésente. Ce bourdon, ce fil à la tête, occupe son esprit, envahit ses pensées, le martyrise, modifie ses habitudes, son rapport au travail, son tempo. Impuissant à en établir le diagnostic, le médecin lui suggère de s’en ouvrir au président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, ou à "celui d’en face", l’instance supérieure de l’envahissant voisin. Si le ton du film est donné, Raed ne peut s’en tenir à cette expression d’ironie désabusée. Il veut comprendre son mal, en déterminer la cause, et guérir, s’en libérer. Incidemment, il vit dans un pays qui, lui aussi, souffre d’une durable céphalée, un pays qui ne parvient pas à se forger une issue dans la constitution d’un État, une portion de territoire occupée, envahie, dépossédée du contrôle de sa propre destinée. Ce noeud douloureux constitue le centre nucléaire du film pour l’innerver en profondeur. Raed se rend dans l’un des services de santé mentale de Ramallah - une antenne du Croissant Rouge palestinien - où il habite. Il commence une thérapie, interroge sa famille sur d’éventuels antécédents familiaux, ses amis, parfois sujets aux mêmes symptômes, les militants dont il a partagé les combats - et les prisons - refait à l’envers le chemin de sa vie. Il en résulte un film-enquête conçu comme une cure analytique qui, déterminée à explorer la psyché d’un sujet singulier, finit par diagnostiquer un groupe humain tout entier. Un groupe humain assujetti à une épuisante domination. Au-delà des attendus politiques du film, Fix ME pose une question, à la fois étrange et belle : qu’est-ce qu’un corps ? Un corps souffrant ? Et, plus précisément encore, qu’est-ce qu’un corps de cinéma ? Si l’on est attentif, si l’on pense que le langage est une affaire sérieuse, on n’aura pas manqué de noter que le "ME" de Fix ME s’écrit en lettres capitales. Et chacun le sait, la capitale, c’est la tête. Si en anglais, "to fix" signifie précisément "réparer", il n’est pas interdit de décliner "répare" en "réparation". Ainsi, l’impérative injonction du titre revient-elle à demander réparation des préjudices subis. Céphalée comprise. Quoi qu’il en soit, avant de songer à le réparer, peut-être faudrait-il savoir ce que c’est que "ME". De quoi est-ce fait ? De quel capital (encore !) d’expériences, familiales, historiques, politiques et culturelles est-ce constitué ? Ces questions, qui pourraient concerner tout un chacun, c’est un corps osseux qui les pose, un corps noué sur lequel semble être passée et repassée la locomotive de l’Histoire, un Buster Keaton qui n’a plus le coeur à faire des acrobaties, un visage émacié, barré du sourire désolé qui vient sur les lèvres quand on regarde sa souffrance dans les yeux. Fix ME est un film déchirant, et déchiré, qu’il ne faudrait manquer sous aucun prétexte.
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