Merci patron ! (2015) François Ruffin

Pays de productionFrance
Sortie en France24 février 2016
Procédé image35 mm - Couleur
Durée90 mn
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Générique technique

RéalisateurFrançois Ruffin
Société de production Mille et Une Productions (Paris)
Société de production Fakir
Distributeur d'origine Jour2Fête (Paris)
MixeurMickaël Barre
Auteur des chansons préexistantesGérard Rinaldi"Merci patron !"
Auteur des chansons préexistantesLuis Rego"Merci patron !"
Compositeur des chansons préexistantesGérard Rinaldi"Merci patron !"
Compositeur des chansons préexistantesLuis Rego"Merci patron !"
Interprète des chansons préexistantes Les Charlots"Merci patron !"
MonteurCécile Dubois

générique artistique

Bibliographie

Synopsis

Satire fauchée carburant au culot et à l’humour corrosif, Merci patron ! aura autant marqué l’année sociale (succès public surprise, il est considéré comme l’un des actes fondateurs du mouvement Nuit debout) que cinématographique (il a remporté le César du meilleur documentaire). À la manière de Michael Moore, François Ruffin, rédacteur en chef de Fakir, journal alternatif "fâché avec tout le monde, ou presque", porte le film de bout-en-bout avec un engagement communicatif et un sens de la dérision qui fait mouche. Épaulé par une équipe réduite (un cadreur et une preneuse de son, que l’on aperçoit furtivement), faisant avec les (petits) moyens du bord (caméra cachée, déguisement), il part en croisade contre le très riche Bernard Arnault, PDG de LVMH, et réactualise avec force et malice le combat de David contre Goliath, en venant en aide à une famille menacée d’expulsion. Quand le tournage commence en 2013, voilà seize ans que Ruffin couvre les fermetures d’usine. Or, à Poix-du-Nord, après avoir travaillé trente-cinq ans chez Ecce (fabriquant les costumes Kenzo), Serge & Jocelyne Klur ont perdu leur emploi lors du rachat de la société-mère par Bernard Arnault. Chômeurs et endettés, ils sont en passe d’être expulsés de la maison qu’ils ont bâtie de leurs mains. L’empathie dont Ruffin fait preuve à leur égard donne lieu à d’authentiques moments d’émotion, d’autant que le journaliste pose des questions d’une fausse naïveté, façon Candide, donnant tout son sel aux situations et aux réponses, nourrissant la réflexion du spectateur. Mais le réalisateur ne se contente pas de constater. Il décide d’agir. Menaçant Bernard Arnault de perturber l’AG des actionnaires de LVMH, Ruffin parvient à lui soutirer l’argent qui sortira les Klur de leur situation financière et sauvera leur maison. Et même à obtenir un CDI pour Serge. Il fera mieux encore : grâce à une ruse jubilatoire, il obtiendra l’annulation d’une clause de confidentialité qui aurait rendu le film impossible, sauf à ce que les Klur remboursent tout. Voir sa "mission de conciliation" - et le ton qu’il utilise à cette occasion - triompher est un spectacle irrésistible. Feignant de dire du bien pour mieux flinguer, Ruffin rappelle par son style Rochefort, Voltaire et autres Saint-Simon pour la littérature, Le Canard enchaîné pour la presse, et même Marivaux, quand, poussant la farce jusqu’à l’absurde, le réalisateur se teint les cheveux pour prendre, incognito, la place du fils Klur face à l’émissaire de LVMH qui, filmé à son insu, explique avec une résignation apeurée : "Ce sont les minorités agissantes qui font tout !". Joyeux et débridé à défaut d’être formellement inventif, Merci patron ! prouve que, avec un minimum d’audace, de volonté et d’astuce, l’action collective est non seulement possible mais redoutablement efficace. Une stimulante leçon qui, au-delà de la dénonciation des terribles conséquences de la désindustrialisation du Nord et des délocalisations d’usine, parvient à ridiculiser et à mettre à nu tout le système libéral, dont Bernard Arnault est l’un des plus puissants fleurons.
© LES FICHES DU CINEMA 2016
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