La Dernière lettre (2001) Frederick Wiseman

Pays de productionFrance
Sortie en France13 novembre 2002
Procédé image35 mm - NB
Durée61 mn
DistributeurAd Vitam (source : ADRC)
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Générique technique

RéalisateurFrederick Wiseman
Assistant réalisateurVéronique Aubouy
Auteur de l'oeuvre originaleVassili Grossmand'après le chapitre 17 du roman " Vie et destin"
AdaptateurVéronique Aubouy
Société de production Idéale Audience (Paris)
Société de production Zipporah Films
Société de production Arte France Cinéma
Coproduction La Comédie-Française
Directeur de productionStella Quef-Gregorz
Distributeur d'origine Ad Vitam Distribution (Paris)
Directeur de la photographieYorgos Arvanitis
Ingénieur du sonFrançois Waledisch
MixeurWilliam Flageollet
MonteurFrederick Wiseman
MonteurLuc Barnier
ScriptClaude Luquet
Photographe de plateauJean-Claude Moireau

générique artistique

Catherine Samie(Anna Semionovna)

Bibliographie

Périodiques

Sites Internet

Synopsis

Puisque le terme de "chef-d'oeuvre" est désormais si souvent galvaudé, disons que ce film est une très grande oeuvre. Un grand film qui n'est ni une fiction, ni un documentaire, ni du théâtre filmé. F. Wiseman crée ici une sorte de forme hybride et perpétuellement étonnante. Jusque-là, Wiseman s'était fait connaître pour ses nombreux documentaires, au travers desquels il menait une sorte de longue enquête sur les institutions américaines, allant de l'hôpital psychiatrique (Titicut follies, 1967) aux logements sociaux (Public Housing, 1999), en passant par le commissariat (Law and Order, 1969) ou l'armée (Basic Training, 1971). En 1996, il réalisait La Comédie-Française, qui a peut-être été un des deux catalyseurs du présent film. Le second étant la lecture d'un livre majeur de la littérature russe du XXe siècle : "Vie et destin" de Vassili Grossman, dont l'auteur, victime de la répression antisémite, avait réussi à faire passer le manuscrit à l'Ouest. Il retrace l'histoire d'une famille habitant la future Stalingrad. L'antisémitisme russo-stalinien y tient une large place et le chapitre 17 contient la lettre d'adieu à son fils d'une doctoresse juive, enfermée dans le ghetto de Berditchev (ville natale de Grossman, et majoritairement peuplée de Juifs). Wiseman adapta ce texte, d'abord pour le théâtre de Boston, il y a une quinzaine d'années. Mais il a ensuite abandonné le style réaliste de cette première version dans le travail qu'il a réalisé pour la Comédie-Française, après avoir rencontré Catherine Samie, doyenne de la troupe et comédienne majeure. Elle a réussi le tour de force souhaité par le réalisateur : faire de chaque spectateur le destinataire de cette lettre. Wiseman a filmé en noir et blanc (et l'on ne peut l'imaginer autrement), allant de l'ombre au visage, en gros plan, en plan américain, en silhouette. Même un néophyte sera frappé par l'importance déterminante du travail du chef-opérateur, Yorgos Arvanitis. Wiseman précise qu'il a tourné en 48 scènes, filmées dans l'ordre, pendant trois semaines. Le montage a duré trois mois à partir de 12 heures de rushes, le son direct exigeant un gros travail de mixage. Le texte - intégral - de cette "dernière lettre" sait créer l'émotion sans jamais verser dans la sensiblerie. Mais lorsque Catherine Samie fredonne une vieille berceuse juive, la distance que l'humour avait permis au spectateur de conserver s'effondre... Allez voir une grande actrice, un grand film. Puis rentrez (re)lire un grand texte.
© LES FICHES DU CINEMA 2002
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