Profils paysans : Le quotidien (2000) Raymond Depardon

Pays de productionFrance
Sortie en France23 février 2005
Durée85 mn
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Générique technique

RéalisateurRaymond Depardon
Société de production Palmeraie et Désert
Coproduction Canal+
ProducteurClaudine Nougaret
Distributeur d'origine Palmeraie et Désert
Ingénieur du sonClaudine Nougaret
MonteurSimon Jacquet

générique artistique

Bibliographie

Synopsis

Il est peu de cinéastes aussi en phase avec leur époque que R. Depardon. Pourtant cela n'exclut pas la nostalgie. Mais pas celle du "tout était mieux avant", déjà allègrement pourfendue en 1982 par l'historien Pierre Goubert avec ces mots : "des nuées d'ethnologues et de sociologues se sont abattus sur ce qui reste des campagnes et ont gravement questionné les derniers patriarches ruraux, qui assez souvent se sont moqués d'eux sans qu'apparamment ces pseudo-savants l'aient bien perçu". Cette ironie paysanne, ce magistral second volet en contient un très juteux morceau : "pourquoi me filme-t-il ?" demande une promeneuse à une vieille paysanne, "parce que vous êtes là" lache celle-ci. Le milieu paysan, c'est celui de Depardon. Le Quotidien est d'ailleurs précédé de Quoi de neuf au Garet ?, dix minutes de plan fixe aussi culottées que captivantes, où face à la caméra de son "frelot", Jean Depardon explique pourquoi il abandonne l'exploitation familiale du Garet, en Haute-Saône. La Haute-Saône faisait partie du champ géographique de Profils paysans : L'Approche. Nous renouons dans Le Quotidien avec les terres rudes du Massif Central : Lozère, Ardèche, Haute-Loire. Nous y retrouvons, filmés en 2004, des protagonistes de L'Approche : les frères Privat, vieillis et tristes bien que leur exploitation ait été reprise par leur neveu et sa soeur. Paul Argaud, pourtant plus jeune, semble survivre sa vie : cheveux longs, amaigri, toujours célibataire dans son hameau de Haute-Loire, ne descendant au bourg qu'une fois par semaine. Depuis 2000, la caméra est devenue plus mobile, plus indiscrète aussi, captant ici un doute, là une larme et même une ou deux manifestations d'énervement envers celui qui la tient. Finies, les longues séquences où la table de la cuisine tenait la vedette : d'ailleurs, elles ont parfois été transformées, les cuisines destinées à réunir une conséquente parentèle. En suivant le ras-le-bol de Robert Maneval, qu'on avait vu quatre ans auparavant négocier son bétail, Depardon nous conduit du marché encore vivace jusqu'au lotissement du Chambon-sur-Lignon, où les Maneval, retraités, ont enfin le temps de se reposer. L'Approche se concluait par la superbe séquence de l'enterrement de Louis Brès, dans son jardin à flanc de montagne : un extrait ouvre Le Quotidien. Bien que ce monde risque de disparaître, Depardon semble devenu moins pessimiste. A Grizac, Jean-François Pantel a réussi à développer son troupeau. Si l'élevage de chèvres de la toute jeune Amandine Gagnaire a connu bien des aléas, elle tiendra le coup, elle ne retournera pas dans la grisaille de la banlieue lyonnaise. Et Alain Rouvière a peut-être bien trouvé la compagne qui partagera ses espoirs et ses peines au Vil-Aret. A suivre...
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