Synopsis
Jenny Kern est seule. Bien sûr, il y a sa grand-mère chez qui elle rentre chaque soir après les cours, mais avec qui elle ne parle guère. Bien sûr, il y a ce professeur, trop pressé, qui explique "Tonio Kröger" mais ne s'aperçoit pas que, dans la masse des élèves indifférents, s'éveillent aux échos des phrases de Thomas Mann les signes d'un appel de détresse. Bien sûr, il y a Guillaume et Matthias, ces deux vieux combattants d'une révolution qu'ils portent en berne avec lassitude, avec lesquels Jenny traîne dans un Lausanne éperdu de tristesse, où les policiers et leurs chiens ferment tôt les cafés - seuls lieux de rencontre pour paumés de toute sorte. Bien sûr, il y a le vieux Charles, cet industriel qui, un beau jour, a rompu le silence et a aussitôt été enfermé dans un asile dont il ne sort plus qu'à grand peine. Bien sûr, il y a Lise, révoltée, amie, adulte, enceinte et consciente de la nécessité d'avorter, Lise que Jenny aide auprès d'un psychiatre mais qui, au moment crucial, ne sera pas là. Bien sûr, il y a cet Indien que Jenny poursuit en rêve, symbole de la liberté et de cet ailleurs qu'elle cherche... Bien sûr, il y a tout cela, mais Jenny est seule en ce dimanche, fidèle à un rendez-vous que tous ses amis ont oublié. Le surlendemain, la jeune fille est retrouvée sans vie, enfouie dans la neige, morte, selon le rapport officiel, de froid et d'épuisement...
Copyright, 1995 CMC/Les Fiches du Cinéma
