Synopsis
> 1966. Youssef le musulman, contrôleur sur le TGM (le petit train Tunis-Goulette-Marsa), Jojo le juif, "roi de la brik à l'.uf", spécialité tunisienne, et Giuseppe, le pêcheur sicilien catholique, vivent avec leur famille dans le même immeuble, propriété du "hadj" (celui qui a fait le pèlerinage à La Mecque) Beji. Les trois hommes sont inséparables en-dehors du travail, leurs familles vivent en bon voisinage, et leurs trois filles sont toujours ensemble. Par provocation, elles ont même juré (devant la Madone !) de perdre leur virginité avant le 15 août, chacune avec un garçon d'une autre religion. La première tentative, le jour du mariage de la fille aînée de Jojo, tourne court suite à l'intervention des pères alertés, qui révèlent ainsi les limites de la convivialité interreligieuse : pas de mariages mixtes. Youssef, Jojo et Giuseppe, désormais, ne s'adressent plus la parole, tandis que le vieil hadj, tombé amoureux de Meriem, la fille de Youssef, entrevue alors qu'elle se douchait, la demande en mariage, se réclamant de son pouvoir de propriétaire. Alors que la Madone est menée en procession par les rues de la ville, les trois filles ont donné rendez-vous aux garçons dans les ruines de Carthage, pour tenir leur promesse. Les pères, prévenus, s'y précipitent, furieux, mais les filles, qui malgré leur serment, n'avaient pas envisagé de dépasser les préliminaires, ont pu s'enfuir à temps. Comme le hadj a commencé les expulsions, Miriem se rend chez lui vêtue de son seul voile qu'elle retire devant le vieillard, lequel, devant ce corps nu et jeune, est foudroyé d'une crise cardiaque. Nous sommes à la veille du deuxième conflit israélo-arabe, à la suite duquel juifs et chrétiens quitteront la Tunisie.
Copyright Bibliothèque du film, 1996
